Genèse
Des mondes inventés – Les Parcs à Thèmes Anne-Marie Eyssartel & Bernard Rochette
Édition de la Villette, 1992, Paris
Genèse
Même si Disney est le référent universel en matière de parc à thème, il n’en demeure pas moins l’inventeur. Ceux-ci associent une série d’éléments à d’autres principes auxquelles ils ne sont pas l’auteur. Ainsi, Eyssartel et Rochette débutent leur analyse en spécifiant ce fait et font appel à la notion psychanalytique de la condensation pour expliquer les divers rapports qu’entretiennent les parcs à thèmes avec ces principes, suggérant qu’une « représentation unique puisse être à l’intersection de plusieurs ensembles de significations ayant chacun, en eux-mêmes, leur cohérence propre. La représentation unique ne fait pas qu’additionner ces éléments, elle les synthétise alors en des significations d’un autre niveau ». Cette notion est mise en parallèle avec les thèmes de « synthétisme formel et syncrétisme culturel ». Synthétisme formel car les parcs à thème ne sont peut-être les derniers espaces imaginaires possibles ; syncrétisme culturel puisque l’imaginaire est « l’ensemble des images et des relations d’images qui constituent le capital pensé de l’homo sapiens ». C’est de ce réservoir que les concepteurs de parc tirent les éléments propices à sa combinatoire spécifique.
Dans un second chapitre, les auteurs traitent du paysage créé par les ces parcs à thèmes se référant à l’ouvrage de Renée-Louis de Girardin, « De la composition des paysages ». On explique que le pittoresque fut longtemps la façon d’aménager les parcs. Ce style permet, par le choix des formes choisies, une agréables, des contrastes bien ménagés d’ombre et de lumière, de saillie et de relief. Un troisième thème est abordé pour expliquer la genèse de ces jardins thématiques est celui des expositions universelles. Les deux auteurs nous démontrent comment la réalisation d’architecture grandiose, pour des monuments à forte connotation symbolique, est très liée à l’aménagement des parcs d’attractions. « Les monuments de tout genre qui bordent la grande avenue résument de façon frappante ce qu’il y a de cohérent, de décousu, de fantastique, dans cet ensemble décoratif où l’on semble avoir vidé pêle-mêle tous les tableaux d’une féerie gigantesque ». La circulation à même ces endroits un enjeu important puisqu’une attraction s’inscrit donc d’abord dans une dynamique du parcours qui articule des « lieux mobiles », soit les manèges, et les « lieux fixes », les lieux de spectacles. Cette tension entre ces deux types de lieux doit se présenter afin que tous les publics visés soient satisfaits car un parc à thème ne vaut que par les traitements particuliers que l’on donne aux divers éléments significatifs de celui-ci. La profusion et les mélanges inattendus sont d’excellents outils pour générer une mise en scène où la surprise est permanente.
En expliquant l’origine de la « spatialisation de l’imaginaire », on évite l’erreur de penser que les parcs à thèmes ne sont que des contres exemples d’aménagement. Ils sont en fait les héritiers d’une histoire qui leur sont propres et montrer ce dont ils héritent permet d’en mieux cerner leur identité.
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