Karal ANN MARLING, L’architecture du réconfort : Les parcs thématiques de Disney
Montréal, Centre Canadien d’Architecture, 1997
Aménager l’imaginaire
Contraint par un manque d’espaces de jeux publics propres et sans danger, qui soient aussi intéressants pour lui et ses filles, Walt Disney développe dans les années trente un des plus importants parcs récréatifs. Tous les éléments de Disneyland visait à rassurer autant qu’à divertir les visiteurs, parents et enfants, qui laissaient le monde moderne dans le stationnement pour entrer à pied dans le parc par l’unique entrée. La voie principale, Main Street USA, offre une vue d’ensemble sur tous les « pays » présentés par des accroches visuelles, conçus pour attirer le regard et faciliter les déplacements. Ces accroches servaient également de mesure de contrôle de foule en calmant l’angoisse normalement causée par les rues encombrées d’une grande ville. Cette « Main Street USA » située à l’entrée de tous les parcs Disney, « offre la vision enfantine d’une collectivité idéale, propre et sans danger ». De par leur échelle, les façades sont tous familières et apaisantes. Le rez-de-chaussée s’élève environ aux cinq huitièmes de la hauteur et les deux étages supérieurs sont plus petits encore créant ainsi une illusion de hauteur sans l’effet menaçant des villes réelles.
Cette impression de maîtrise est accentuée par les détails soignés et amusants, colorés harmonieusement, marquant ainsi une rupture avec les véritables paysages urbains. Chez Disney, les « imagineurs » ont conçus cette rue afin que la perspective converge sur un château symbole du rêve devenu réalité et « expression suprême de l’architecture du réconfort ». Ce château se dresse au milieu de l’enceinte délimitée par un talus qui exclut le monde réel et conserve le monde du rêve. Les parcs à thèmes de Disney s’articulent tous de la même façon où toutes les rues de tous les parcs sont d’une façon d’une autre, des variantes de l’originale, à la fois familière, joyeuse et sans danger.