Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: Artificiel, États-Unis, Disney, Divertissement, loisir et culture, microcosme











Alex Maclean est à la fois architecte, urbaniste et photographe de formation. Son travail s’articule tel un catalogue de l’absurdité écologique américaine. À l’aide de son hydravion, il parcourt les Etats-Unis à la recherche d’élément qui lui paraissent significatifs des comportements de ses contemporains. Il nous présente l’évolution du territoire américain et des liens qu’il existe entre le paysage construit opposé au paysage naturel. Ses livres exposent les contrastes entre la densité, la pollution, l’étalement urbain et la nature. Tirées de son livre The Playbook, où il présente le divertissement à l’Américaine, ces photographies laissent apparaître le délire formel de ces constructions par leur matérialité et leur implantation dans le paysage américain.
Des mondes inventés – Les Parcs à Thèmes Anne-Marie Eyssartel & Bernard Rochette
Édition de la Villette, 1992, Paris
Genèse
Même si Disney est le référent universel en matière de parc à thème, il n’en demeure pas moins l’inventeur. Ceux-ci associent une série d’éléments à d’autres principes auxquelles ils ne sont pas l’auteur. Ainsi, Eyssartel et Rochette débutent leur analyse en spécifiant ce fait et font appel à la notion psychanalytique de la condensation pour expliquer les divers rapports qu’entretiennent les parcs à thèmes avec ces principes, suggérant qu’une « représentation unique puisse être à l’intersection de plusieurs ensembles de significations ayant chacun, en eux-mêmes, leur cohérence propre. La représentation unique ne fait pas qu’additionner ces éléments, elle les synthétise alors en des significations d’un autre niveau ». Cette notion est mise en parallèle avec les thèmes de « synthétisme formel et syncrétisme culturel ». Synthétisme formel car les parcs à thème ne sont peut-être les derniers espaces imaginaires possibles ; syncrétisme culturel puisque l’imaginaire est « l’ensemble des images et des relations d’images qui constituent le capital pensé de l’homo sapiens ». C’est de ce réservoir que les concepteurs de parc tirent les éléments propices à sa combinatoire spécifique.
Dans un second chapitre, les auteurs traitent du paysage créé par les ces parcs à thèmes se référant à l’ouvrage de Renée-Louis de Girardin, « De la composition des paysages ». On explique que le pittoresque fut longtemps la façon d’aménager les parcs. Ce style permet, par le choix des formes choisies, une agréables, des contrastes bien ménagés d’ombre et de lumière, de saillie et de relief. Un troisième thème est abordé pour expliquer la genèse de ces jardins thématiques est celui des expositions universelles. Les deux auteurs nous démontrent comment la réalisation d’architecture grandiose, pour des monuments à forte connotation symbolique, est très liée à l’aménagement des parcs d’attractions. « Les monuments de tout genre qui bordent la grande avenue résument de façon frappante ce qu’il y a de cohérent, de décousu, de fantastique, dans cet ensemble décoratif où l’on semble avoir vidé pêle-mêle tous les tableaux d’une féerie gigantesque ». La circulation à même ces endroits un enjeu important puisqu’une attraction s’inscrit donc d’abord dans une dynamique du parcours qui articule des « lieux mobiles », soit les manèges, et les « lieux fixes », les lieux de spectacles. Cette tension entre ces deux types de lieux doit se présenter afin que tous les publics visés soient satisfaits car un parc à thème ne vaut que par les traitements particuliers que l’on donne aux divers éléments significatifs de celui-ci. La profusion et les mélanges inattendus sont d’excellents outils pour générer une mise en scène où la surprise est permanente.
En expliquant l’origine de la « spatialisation de l’imaginaire », on évite l’erreur de penser que les parcs à thèmes ne sont que des contres exemples d’aménagement. Ils sont en fait les héritiers d’une histoire qui leur sont propres et montrer ce dont ils héritent permet d’en mieux cerner leur identité.
Karal ANN MARLING, L’architecture du réconfort : Les parcs thématiques de Disney
Montréal, Centre Canadien d’Architecture, 1997
Aménager l’imaginaire
Contraint par un manque d’espaces de jeux publics propres et sans danger, qui soient aussi intéressants pour lui et ses filles, Walt Disney développe dans les années trente un des plus importants parcs récréatifs. Tous les éléments de Disneyland visait à rassurer autant qu’à divertir les visiteurs, parents et enfants, qui laissaient le monde moderne dans le stationnement pour entrer à pied dans le parc par l’unique entrée. La voie principale, Main Street USA, offre une vue d’ensemble sur tous les « pays » présentés par des accroches visuelles, conçus pour attirer le regard et faciliter les déplacements. Ces accroches servaient également de mesure de contrôle de foule en calmant l’angoisse normalement causée par les rues encombrées d’une grande ville. Cette « Main Street USA » située à l’entrée de tous les parcs Disney, « offre la vision enfantine d’une collectivité idéale, propre et sans danger ». De par leur échelle, les façades sont tous familières et apaisantes. Le rez-de-chaussée s’élève environ aux cinq huitièmes de la hauteur et les deux étages supérieurs sont plus petits encore créant ainsi une illusion de hauteur sans l’effet menaçant des villes réelles.
Cette impression de maîtrise est accentuée par les détails soignés et amusants, colorés harmonieusement, marquant ainsi une rupture avec les véritables paysages urbains. Chez Disney, les « imagineurs » ont conçus cette rue afin que la perspective converge sur un château symbole du rêve devenu réalité et « expression suprême de l’architecture du réconfort ». Ce château se dresse au milieu de l’enceinte délimitée par un talus qui exclut le monde réel et conserve le monde du rêve. Les parcs à thèmes de Disney s’articulent tous de la même façon où toutes les rues de tous les parcs sont d’une façon d’une autre, des variantes de l’originale, à la fois familière, joyeuse et sans danger.