Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: Amsterdam, Économie urbaine, Centre / Périphérie, Intérieur/extérieur

CINEMEC par Df6 architects à Ede (Pays-Bas)
De l’intérieur vers l’extérieur de la ville
Tracy METZ, Fun! Leisure and Landscape, NAi Publishers, Rotterdam, 2002.
Les loisirs, comme une culture omniprésente d’une importance économique considérable, où l’on dépense temps, argent et kilomètres pour y accéder. Le divertissement est essentiel à la ville, quasi indissociable et devient en fait un outil de développement, un facteur d’économie urbaine si l’on considère qu’il peut permettre d’améliorer l’image de la ville, de créer une distinction parmi les autres villes ou qu’il peut simplement relancer son économie.
Les observations soulignées dans cet ouvrage renvoie à la situation spécifique des Pays-Bas, plus particulièrement Amsterdam et Rotterdam, autant pour le divertissement de leur centre urbain que pour le développement de l’amusement dans leurs périphéries.
Amsterdam attire davantage les touristes pour ces évènements que pour les trésors dans la ville, pour l’architecture même, dans la mesure où la ville n’a pas été construite pour devenir ‘touristiquement attirante’. On fait ainsi remarquer comment les centres historiques des villes, dont les espaces publics courants, en viennent à acquérir les mêmes caractéristiques que des parcs à thèmes. Les centres des villes se transforment en attractions, fourmillant de visiteurs et bondées d’attraits pour les attirer.
(C’est ainsi que l’auteur stipule que Disney a été conçu dans une même logique, mais inversée, puisque comme les États-Unis n’avaient pas de centres touristiques dans la ville, ils sont venus en créer de par leurs parcs à thèmes, en périphérie de la ville toutefois, créant ainsi une logique non pas d’imbrication dans le tissu urbain, mais de nette distinction dans le territoire en créant un monde à part.)
C’est ainsi qu’aux Pays-Bas, vers années 60 ou plutôt avant l’arrivée de la voiture, on observait une nette distinction entre le centre, où l’on retrouvait les commerces et les lieux du divertissement, et la périphérie urbaine, où se situaient les champs et les fermes. Désormais, la limite est diffuse et l’urbanisation illimitée si l’on pense à la concentration des divers développements multifonctionnels sur les pourtours des villes. Le divertissement se retrouve ici enfermé dans une boîte, au beau milieu d’un environnement anonyme, vaste et sans nature propre.
« There is plenty to experience in the streets of the inner city, while on the periphery everything that happens take place indoors. The subtropical swimming baths, megastores, children’s paradises, cinemas and pop concert halls can only be distinguished from one another on the outisde by the logos. The environments that are created in this way are generic, not specific. » p.148.
Il y a donc ici, non pas la création d’un artificialisation de l’extérieur, faisant croire à l’existence d’un autre monde comme avec les parcs de Coney Island, mais plutôt des mondes enfermés dans des boîtes et où l’artifice est intériorisé, et qui ne sont en rien rattachés à la ville.